Stabat Mater Furiosa

Texte de Jean-Pierre Siméon
Mise-en-scène Dag Jeanneret
Avec Stéphanie Marc

 


« Je rêve d’un texte qui règle son compte (non pas définitivement puisqu’on n’en finit jamais, du moins, radicalement) à l’homme de guerre, cet éternel masculin. Parole d’une femme, libérée autant qu’il se peut du dolorisme que lui assignent des conventions millénaires, paroles dressées en invective brutale et sans rémission face à la merde (il faut ici un mot net et absolu) du meurtre perpétuel. Stabat mater furiosa donc, et non point dolorosa… Je rêve d’une parole dont on ne se remet pas, non en raison de sa violence mais parce qu’elle porte en elle une évidence sans réplique. » Jean-Pierre Siméon

«  Cette oeuvre brève et puissante pourrait trouver parfaitement son endroit dans le cadre précis et contraignant de la classe. Une parole forte, brute, directe. Une adresse directe aux spectateurs - comme le précise Siméon dans son avertissement initial - ici, les lycéens. Un face à face sans illusions, sans filtres, sans stratagèmes de théâtre. Une femme parle dans les yeux des spectateurs, elle dit la révolte de ces guerres interminables, elle nomme les horreurs physiques, de ces guerres ancestrales ou d’aujourd’hui, elle raconte les corps de ces femmes épuisées, meurtries, violées, torturées. Elle raconte cette folie des guerres qui ne s’arrêtent jamais, qui sans cesse, se réalimentent de la haine passée pour resurgir indéfiniment.
Jean-Pierre Siméon - au-delà de ce cri de rage et de réveil mais aussi d’espoir décrit très précisément les mécanismes de la haine conduisant à la guerre, les pulsions meurtrières insufflées dès l’enfance par les adultes, la violence des hommes de guerre qui oublient dans le conflit tout ce qui les a constitué homme libre et pensant, l’engrenage des conflits ethniques, l’impossibilité d’admettre l’altérité devenue anormalité donc danger.
C’est en cela que cette oeuvre peut donner lieu à tout un travail pédagogique - vraisemblablement à cheval entre l’histoire et la littérature - sur les racines de la guerre, les racines de l’incompréhension entre les peuples, entre les hommes, voire les mécanismes économiques conduisant inéluctablement au conflit. »Dag Jeanneret