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Saperlipopette

Eric Legnini & the Afro Jazz Beat

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Saison : Saison 2011-2012
Catégorie : Concert jazz

The Vox


Eric Legnini
, piano, Fender Rhodes
Thomas Bramerie, contrebasse
Franck Agulhon, batterie
Hugh Coltman, chant

The Vox, d’Eric Legnini a été élu meilleur album instrumental aux Victoires du Jazz 2011

D’un côté le son afro-jazz beat avec section de cuivres, rythmes percussifs et groove brûlant. De l’autre, des morceaux aux airs de folk-song, qu’une voix tendrement rauque promène sur le fil d’une inspiration soul. Au cœur du projet, Eric Legnini, compositeur, arrangeur, metteur en son de ce patchwork aux contrastes soigneusement étudiés, aux couleurs méticuleusement choisies, aux formes d’une redoutable précision. Tout n’est que générosité partagée et joie de jouer contagieuse (…) Grâce à la voix unique de l’une, la science harmonique de l’autre et leurs cultures musicales complémentaires, les murs tombent, la lumière jaillit, on flirte avec des sommets émotionnels rappelant ceux du New Moon Daughterde Cassandra Wilson. Fréderic Goaty, Jazz Magazine

Hugh Coltman est un chanteur inclassable (folk, soul…) originaire des environs de Bristol, qui s’est d’abord illustré avec le blues, en faisant les premières parties de BB King ou Buddy Guy. Immigré à Paris, il collabore avec Spleen, compose son album « Stories From The Safe House », est nominé au prestigieux Prix Constantin en 2009, enchaîne les concerts et les premières parties de musiciens français comme M, Vanessa Paradis, Thomas Dutronc…

The Vox, d’Eric Legnini a été élu meilleur album instrumental aux Victoires du Jazz 2011

The Vox, c’est donc le titre de son nouvel opus. Sur la voie de la voix, Eric Legnini se met aux manettes, de A à Z, pour changer de braquet au virage de la quarantaine. Quoi de plus normal pour celui qui a accompagné plus d’une fois des chanteurs de tout horizon, du hip-hop au jazz, d’Henri Salvador à Yaël Naïm, de Souleymane Diamanka à Christophe… « Avec la voix, tout devient plus clair, plus lisible. Au premier degré. » Comme une belle évidence pour cet amateur de Monk. Démarré dès la sortie de « Trippin’ », testé en direct lors d’une carte blanche à La Villette, éprouvé après une semaine au Ghana, peaufiné à Los Angeles par l’émérite mixeur « multigramminé » (Sheryl Crow, Norah Jones, Solomon Burke…) Islandais S. Husky Höskulds, ce disque constitue un incontestable tournant dans la carrière de celui dont on savait les talents protéiformes, aussi bien pianiste qu’arrangeur, compositeur que producteur. Cette fois, Eric Legnini embrasse les quatre rôles dans un même élan, signant dix des onze thèmes d’un répertoire « plutôt joyeux, mais avec quelques pointes de mélancolie », un ensemble de climats et formats dont la grande diversité ne masque pas la profonde unité.

 

 

Instrumentaux up tempo et chansons douces, hommage explicite au Black Président de l’afrobeat et ballade philosophique inspirée par le poète Gerard Manley Hopkins, relecture de son ancien « Nightfall » travesti par les maux blues de Krystle Warren et clin d’oeil au swing afrojazz anglais, harmonies pop et Harlem joyeux des années 90, piano percuté ou solo à fleur de cordes… Dans ce dédale de multipistes, raisonnent sans cesse la culture du sample ajusté et le culte de l’instant présent, le rythme majuscule et l’harmonie majeure. Autant de fils que cet orfèvre de la ligne claire entremêle avec doigté, afin de tisser une écriture mélodique qui constitue la trame essentielle, un canevas finement brodé qu’il enrichit de sa science du son, le sien.

 

The Vox, c’est aussi l’aventure d’un groupe. Au centre, la fidèle paire rythmique tout terrain, Frank Agulhon aux baguettes et Thomas Bramerie à la contrebasse, renforcée par deux guitaristes, le Belge Daniel Roméo, bassiste funk et ami d’enfance de Legnini, et le Congolais Kiala Nzavotunga, compagnon de route de feu Fela et fondateur du groupe Ghetto Blaster, et une section de cuivres à l’ancienne, du jazz funk comme au bon vieux temps des Brecker Brothers. Eric Legnini and the Afro Jazz Beat, cette appellation résume les enjeux de cet album. Chaque mot compte. Le jazz, canal historique, entendez progressiste comme il y a eu un rock progressif, une « musique qui cherche et improvise au goût du jour », comme le fit en son temps Ellington, l’un des maîtres à penser d’Eric Legnini. L’afro, versant rythmique, traduisez des cadences obliques, comme celles des glorieuses années 70 de Tony Allen. Le beat, tendance esthétique, comprenez la culture du funk, du hip-hop, du sample, de la boucle, « une idée de transe entre les lignes »,. « Je voulais que cela reste du jazz dans les harmonies, mais que cela soit de l’afro-beat dans sa fonction ». Pas question de sonner comme une banale décalcomanie, il s’agit de développer une vision originale. A l’image du chant de Krystle Warren, la muse afro-américaine dont la présence clair-obscur ajoute un nécessaire parfum d’ambiguïté : ses mots habitent six des onze thèmes, des chansons qui oscillent entre les teintes mélancoliques de la folk et les tessitures plus soyeuses de la soul.

 

 

Afro-beat, jazz soul, folk pop, tous ces univers cohabitent dans tous les titres, harmonieuse alchimie d’un mélange subtil que seul sur un mince fil Moogoo, l’autre facette d’Eric Legnini, son indispensable double, pouvait aboutir dans le laboratoire qu’est le studio de ses pensées nocturnes. Pas de doute, cet album rassemble le pluriel de ses suggestifs, une marque de fabrique qui ne ressemble qu’à lui, Eric Legnini. Ni revivaliste, ni avant-gardiste, juste raccord avec son horloge interne. Une heure au présent de son subjectif, des sonorités seventies mixées à l’actualité.

 

 

 

 

Représentations:
  • Théâtre sortieOuest - jeudi 08 décembre 2011 à 21:00 - 23€/20€/18€/15€ Acheter en ligne