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Saperlipopette

Otis Taylor

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Saison : Saison 2011-2012
Catégorie : Concert

OTIS TAYLOR
Clovis People

Otis Taylor, chant, guitare
Todds Edmunds, basse
Larry Thompson, batterie

Élevé à Denver, Otis Taylor hérite de ses parents une solide culture musicale (jazz, rhythm’n’blues) et politique. Il joue une musique sombre, pessimiste, obsédante, inclassable et intemporelle. On évoque John Lee Hooker, Robert Pete Williams... C’est aussi de la musique tellurique, volcanique, névralgique, tendue et explosive.
Stéphane Deschamps, les Inrockuptibles

Otis Taylor est né à Chicago en 1948. Élevé à Denver, il hérite de ses parents d'une solide culture musicale (jazz, rhythm’n’blues) et politique. En découvrant le banjo, puis la guitare et l’harmonica, il se passionne pour le country blues, le folk et les songsters (Mississippi John Hurt, Pete Seeger) et fonde son premier groupe de blues. S’ensuit, dans les années soixante, un parcours sinueux qui l’emmène à Londres (comme Jimi Hendrix, qu’il admire), le voit rater une opportunité d’album sur Blue Horizon, se produire dans des styles plus rock, puis finalement tout laisser tomber en 1977. Rideau !

Passent les années quatre-vingt, puis les années quatre-vingt-dix. Pour beaucoup, le blues, c’est désormais l’affaire de guitar-heroes qui capitalisent sur la mort de Stevie Ray Vaughan. Les magazines de guitare s’en donnent à cœur joie, certains bluesmen s’engouffrent dans la brèche tant attendue (Buddy Guy, Lucky Peterson), tandis que quelques spécialistes amers racontent à qui veut les entendre que, oui, le blues est bien mort, qu’à leur époque c’était mieux. Le public, moins bête qu’on ne le dit, réclame pourtant autre chose : il est alors tout prêt à faire un triomphe à des bluesmen authentiques comme R.L. Burnside.
Et puis arrive Otis Taylor. De nulle part, ou plutôt du fin fond du Colorado. Avec des albums dont les titres intriguent : When Negroes Walked The Earth ; White African ; Respect The Dead.  Persuadé par le producteur et bassiste Kenny Passarelli de reprendre la musique, aidé par le petit label NorthernBlues (d’autres n’ont pas voulu prendre ce risque commercial), épaulé du guitariste Eddie Turner, il joue enfin sa musique. Une musique sombre, pessimiste, obsédante. Inclassable et intemporelle : à la fois venue d’un passé ancestral, et aussi irrémédiablement contemporaine. On évoque John Lee Hooker, Robert Pete Williams…C’est à la fois ça et pas tout à fait ça. Truth Is Not Fiction, publié sur Telarc, enchante ou agace. Des accords uniques, des rythmes hypnotiques, du violoncelle, du banjo, des guitares hurlantes, aucun solo démonstratif… Du blues ? Pas du blues ?
Si les morceaux que compose Otis Taylor (des histoires de meurtre, de trahison, de ségrégation, de lynchage, de tromperie, de solitude ou d’esclavage) ne sont pas particulièrement à ranger parmi votre collection de la Bibliothèque Rose, Otis lui-même est un personnage moins taciturne qu’on ne pourrait le penser. Ce n’est pas le genre à faire des grandes théories, à se lancer dans des grands discours bavards et fumeux sur le blues. Il aime plaisanter, provoquer, tester ses interlocuteurs. Otis est un perfectionniste. Pas le genre à enregistrer un CD par routine ou parce qu’un contrat l’y oblige. Plutôt parce qu’il a quelque chose à dire.
Alors voilà peut-être pourquoi Otis Taylor est un sacré bluesman.
Parce que ce gars-là a quelque chose à dire et qu’il le dit à travers sa musique.

Il y a beaucoup de gens qui ont en tête un stéréotype du blues et de ses sonorités. Otis Taylor fait exploser vos certitudes sur ce qu'est le blues et sur ce qu'il pourrait être. Clovis People, Vol. 3 transfigure et élargit le concept de blues moderne en s'emparant de sujets que d'autres auteurs n'aborderaient pas et en usant d'instruments et d'arrangements auxquels ne penseraient pas d'autres musiciens.

 Autant vous prévenir, ne cherchez pas à acheter dans la foulée les vol 1 et 2, ils n'existent pas.

 Ensuite, The Clovis People ont disparu et leur nom fut choisi longtemps après leur extinction. Près de la maison de Taylor dans le Colorado, des archéologues ont découvert des outils et des poteries qui appartenaient à un ancien peuple qui habitait la région il y a environ 13 000 ans; ils furent appelés Clovis à cause de la découverte faite à l'origineprès de la ville de Clovis dans le Nouveau Mexique et sont considérés parmi les plus vieux habitants d'Amérique du Nord.


Beaucoup de musiciens modernes ont été influencés par la même poignée d'artistes ( Robert Johnson, Muddy Waters, B.B., Albert, et Freddie King, T-Bone Walker, Stevie Ray Vaughan, Otis Rush Buddy Guy) et leurs musique laisse transparaître toutes ces influences. Ce sont de grands noms et il y a de bonnes raisons à ce qu'ils aient inspirés des générations de guitaristes, mais le risque de se retrouver avec une scène qui rejoue des plans éculés est réel si tout le monde boit à la même source. C'est pourquoi les artistes comme Taylor sont importants car il ne cherche pas à faire des disques qui rentrent dans ce moule général.

Non seulement Taylor s'échappe du son traditionnel des 12 mesures avec guitare, mais en plus il écrit sur des thèmes qui vont bien au-delà des amours déçues et autres clichés.  Il y a tout plein de bons disques avec ces caractéristiques mais il est bon d'avoir des artistes qui, au sein de l'idiome du blues, vont avoir d'autres idées et les mettre en pratique avec talent.

Ce que fait Taylor avec Clovis People, Vol. 3.
Il est un shaman sur "Hands On Your Stomach," créant une musique avec des racines profondes, liées à la tradition qui une fois mélangées avec d'autres influences ne sonnent pas d'une manière identifiable immédiatement comme blues.  Les images fantômatiques et le fingerpicking à l'ancienne ne sont pas nouveaux, mais ils sonnent rajeunis ici une fois combinés avec des accents cuivrés. Il n'y a pas de solos instrumentaux ou de ponts musicaux. "Hands On Your Stomach" est un blues qui n'en est pas un.

Un grand Merci à Philippe Chabassieu pour cet article !

http://pilogue.over-blog.com/article-otis-taylor-et-le-trance-blues-73444250.html

Représentations:
  • Théâtre sortieOuest - samedi 19 novembre 2011 à 21:00 - 23€/20€/18€/15€ Acheter en ligne