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LA RESISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI

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Cosimo Mirco Magliocca

 
Saison : saison 2016-2017
Catégorie : Théâtre
Metteur en scène : Dominique Pitoiset
Auteur : Bertold Brecht
Durée : 1H40

De Bertolt Bretcht
Traduit de l’allemand par Daniel Loayza
Mise en scène et scénographie Dominique Pitoiset

avec

Philippe Torreton, Daniel Martin, Pierre-Alain Chapuis, Hervé Briaux,
Nadia Fabrizio,  Patrice Bornand, Gilles Fisseau, Adrien Cauchetier,
Jean-François Lapalus, Martine Vandeville

Collaboratrice artistique au metteur en scène Marie Favre
Production : Compagnie Pitoiset - Dijon, Bonlieu Scène nationale Annecy
Coproduction : Les Gémeaux Scène Nationale-Sceaux ;  Châteauvallon-Scène Nationale ; MC2 : Grenoble ; Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie ; Théâtre de Cornouaille Centre de création musicale Scène nationale de Quimper
Production déléguée : Bonlieu Scène nationale Annecy
Dominique Pitoiset est artiste associé à Bonlieu Scène nationale Annecy. La compagnie Pitoiset-Dijon est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication et par la Ville de Dijon.

Les oeuvres de Bertolt Brecht sont publiées et représentées par L’Arche Editeur.

Théâtre
LA RESISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI
Vendredi 27 janvier / 20h30
Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau

 

« Le ventre est encore fécond d’où est sorti la bête immonde ». On ne saurait mieux dire et Brecht, comme Chaplin, n’a pas attendu la guerre pour dénoncer les chants séduisants des sirènes populistes qui précèdent le fascisme. Une pièce essentielle revisitée ici sans effet « d’époque ». Pas une ride ni de faux-fuyants, ça se passe bien « ici et maintenant » et résistible veut bien dire qu’il n’y a pas de fatalité.

Philippe Torreton ne fait pas de cadeau à son personnage d’Arturo-Hitler pathétique. Mieux vaut en rire ? Á voir.

Rire de tout ? Même du fascisme ? Exilé, Brecht continue son combat comme il peut, avec ses armes de dramaturge engagé. Dès 1934, il a songé à une satire sur l'ascension de Hitler au pouvoir. L'ombre de Shakespeare et de son Richard III ne sont pas loin. Mais comme le disait Marx, quand l'Histoire se répète, elle le fait sur le mode comique ou satirique. Richard III s'empare du trône avec une brutalité qui n'exclut pas l'intelligence ; Arturo, lui, est un assassin et un chef de bande à qui un comédien devra donner des leçons de maintien pour qu'il puisse s'adresser au peuple... Brecht s'amuse à suivre de très loin le canevas shakespearien, mais pour mieux « détruire » en nous « le respect habituel devant les grands tueurs ». Des grands gestes, des grands mots somptueux de la Renaissance, il ne reste plus que des haillons couvrant à peine la nudité des jeux de pouvoir. Le nazisme, de ce point de vue, n'est qu'un avatar de plus, particulièrement sinistre, de la guerre à outrance de l'homme contre l'homme, cette guerre que Brecht a dénoncée tout au long de sa carrière. S'il y a rire, il est donc glaçant. Et mettre en scène La Résistible Ascension ici et maintenant – en France en 2017 –, ce n'est surtout pas monter une production historique, surtout pas mettre l'intrigue à distance de notre époque en réduisant le propos à une simple dénonciation de l'hitlérisme. C'est plutôt mettre ses pas dans ceux de Brecht et s'attacher à distinguer non seulement Hitler derrière Ui, mais surtout, derrière Hitler, les mécanismes qui rendent possible – y compris aujourd'hui – une telle prise de pouvoir. Il est trop facile de se rassurer en jouant à situer le fascisme derrière nous, quand il menace d'être devant, voire sous notre nez. Si « le ventre est encore fécond d'où est sorti la bête immonde », le miroir que nous tend la pièce nous renvoie peut-être, de notre situation, une image plus inquiétante que jamais – et le théâtre a toujours son rôle à jouer dans la dissection de ce ventre-là. C'est sur une telle conviction que Dominique Pitoiset et Philippe Torreton attaqueront leur travail. Il marque leurs retrouvailles après une première collaboration également engagée : un Cyrano de Bergerac d'une nouveauté radicale, et qui a enthousiasmé les publics deux saisons de suite partout où il est passé.                                
© Maurizio Cattelan, Ave Maria, 2007

 

Spectacle programmé par la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau


Représentations:
  • Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau - vendredi 27 janvier 2017 à 20:30 - Tarif unique 25€ Acheter en ligne