Le Chemin solitaire
| Saison : | Saison 2011-2012 |
| Catégorie : | Théâtre |
De Arthur Schnitzler
Un spectacle de et avec
Natali Broods, Jolente De Keersmaeker,
Damiaan De Schrijver, Nico Sturm et Frank Vercruyssen
Production tg STAN
Spectacle co-accueilli en partenariat avec le domaine d'O
Depuis des années, un homme mène son existence loin de la femme et du fils qu’il a jadis délaissés. Sans lui, dans le plus lourd des mensonges, un équilibre s’est recréé : le fils ignore l’existence de ce père biologique.
Le Chemin solitaire, pièce chorale du dramaturge viennois Arthur Schnitzler, relate l’ultime retour de cet homme soudain poussé, par un besoin de reconnaissance, à franchir le seuil fatidique du foyer et à divulguer le secret. Il ne sera question que de relations avortées, d’égoïsmes incurables et de transmissions impossibles.
Ecrit en 1904 à l’orée de la psychanalyse, cet examen en 5 actes des rouages du mensonge rappelle que Schnitzler fut médecin psychiatre avant d’être écrivain. Dès lors, le tg STAN extirpe Le Chemin solitaire de son contexte de création pour privilégier une approche quasi‐abstraite du drame, proche des structures de l’inconscient. Sur l’aire de jeu, les personnages deviennent des figures interchangeables, endossées indifféremment par les hommes ou les femmes. Un jeu de passation de masques symptomatique de la virtuosité avec laquelle tg STAN met en crise la notion de personnage et entrave l’instauration stable de la fiction. Le Chemin solitaire est une des oeuvres les plus âpres jamais proposée par le tg STAN.
Dans la vie, la plupart des gens n'habitent que l'étage intermédiaire de leur maison, là où ils sont confortablement installés, bien au chaud, avec tout le confort. Ils descendent rarement dans les pièces du bas où ils imaginent des fantômes qui leur donneraient la chair de poule; ils montent rarement dans la tour où ils auraient le vertige à regarder en bas et au loin. Bien sûr il y a des gens qui adorent justement séjourner à la cave, parce qu'ils se sentent mieux dans l'obscurité qui fait frémir qu'à la lumière, exposés aux responsabilités, tandis que d'autres aiment bien grimper dans la tour d'où leur regard se perd dans les lointains insondables qui leur resteront à jamais inaccessibles. Mais les plus infortunés sont ceux qui n'arrêtent pas de courir entre la cave et la tour, toujours dans les escaliers, et qui laissent à l'abandon et à la poussière les vraies pièces destinées à l'habitation. (extrait de: Arthur Schnitzler, Aphorismen und Betrachtungen)
Les STAN, comme on les surnomme, groupe d’acteurs remarquables qui travaillent sans metteur en scène,n’ont eu de cesse d’extraire ce que les grands textes ont de plus vivant, de plus aigu pour aujourd’hui. Leur rencontre avec le grand auteur viennois est particulièrement réussie, et emblématique de leur recherche jamais démentie. Fabienne Darge, Le Monde
- Théâtre sortieOuest - vendredi 27 janvier 2012 à 21:00 - 16€/12.5€/6€ Acheter en ligne
- Théâtre sortieOuest - samedi 28 janvier 2012 à 21:00 - 16€/12.5€/6€ Acheter en ligne