le tigre et l'apôtre
| Saison : | saison 2008-2009 |
| Catégorie : | Théâtre |
| Metteur en scène : | JAcques allaire |
| Auteur : | Jacky vilacèque et JAcques allaire |
| Durée : | 0 |
avec :
Yves Ferry
Jean Varela
ce spectacle est la tentative d’une reconstitution impossible, à moins de tomber Dans le livre d’images mais pour cela les livres d’histoire sont mieux faits. or, de cette rencontre nous avons peu d’informations et les propos divergent selon qu’ils sont rapportés par l’une ou l’autre des deux parties. et précisément c’est cela qui s’est joué Dans ce duel sans témoin : la possibilité de définir une vérité, chacun la sienne.
alors recomposer ou plutôt composer à partir de bribes, d’extraits, à l’aide de l’iconographie des mémoires et autres témoignages historiques, musique… ce qu’aurait pu être le dialogue entre ces deux figures invraisemblables.
un théâtre d’hypothèses plutôt qu’une affirmation car même ce dont on dispose est sujet à maintes contestations. donc reprendre l’histoire ; la petite histoire. mettre face à face deux acteurs qui devront dire des mots de clémenceau, des mots de Marcellin albert.
a coup sûr la vie naîtra de cela. l’affrontement aussi. ce sera le tabLeau d’un affrontement. le tabLeau d’un malentendu aussi, celui d’un pouvoir obnubilé par le respect de l’ordre, la crainte de voir la république vaciller et dont le travail principal consiste à gouverner, c’est-à-dire éliminer toutes formes de contestation, fût-elle légitime.
céder c’est avoir tort, vaincre c’est avoir raison.
c’est la leçon que devra tirer ce vieux paysan, ce don quichotte d’argeliers, roi des gueux, porte-parole d’une humanité en soufFrance, orateur de talent, ayant semble-t-il même foulé les planches des théâtres, un homme épuisé, à bout de force, dépassé par la violence des évènements, pris Dans le feu de conflits d’intérêts politiques de son époque. un homme naïf face à celui que l’on surnomme le tigre, vieux politicien à la tête du gouvernement depuis seulement quelques mois, après avoir consacrés dix années au journAlisme et la littérature (il a écrit un gros roman au titre évocateur « les plus forts » et qui dit opposer l’ordre légal pour les réformes à la révolution).
il y a en face l’un de l’autre, deux élus du peuple, plus précisément un homme du peuple, porte-parole de celui-ci, et face à lui Dans son bureau, sa cage, le médecin, ancien député, ancien sénateur, ancien ministre de l’intérieur et désormais premier ministre, qui l’y attend.
un spectacle historique non. un spectacle sur la rencontre obscure et brutale de deux hommes qui vont s’affronter Dans une lutte qui finira, on s’en douterait, par une mise à mort. car la république et son représentant ne saurait supporter d’avoir été mis en demeure de répondre aux attentes, même légitimes du peuple, qu’ils doivent pourtant servir. Marcellin albert en fera les frais et la révolte des vignerons d’une certaine manière aussi.
ce n’est pas une crise qui sera réglée, c’est l’ordre qui sera rétabli.
c’est cela ce spectacle. je le vois comme un combat, une arène, un bureau où sans témoin, l’histoire choisira son vainqueur, Dans une semi obscurité, un espace étroit avec un plafond, comme sans issue.
nous serons donc à mi-chemin d’un théâtre-document, de la triviAlité des faits, et de la réinvention d’un réel qui ne trouvera peut-être jamais sa vérité.
JAcques allaire, metteur en scène.
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