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Saperlipopette

Ô mon pays

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Saison : Saison 2011-2012
Catégorie : Théâtre

Lise Maussion et Damien Mongin faisaient partie de la troupe D’ores et déjà animée par Sylvain Creuzevault que nous avons reçue la saison précédente pour Notre terreur.

Ô mon pays !” est un diptyque : “CDI – Sandrine, la destinée d’une trieuse de verre” et “CDD - Chacal”. Ce sont deux tranches de vies, celle de Sandrine, une trieuse de verre enferrée dans sa vie et celle de Chacal, un gars sans racines et sans nom qui travaille sur des chantiers d’autoroutes. C’est l’histoire ordinaire de ces gens qu’on ne remarque pas, ou pas tout de suite... C’est du théâtre rare, réaliste mais pas du tout misérabiliste, c’est un double spectacle à voir absolument.

Il est peu fréquent que le monde du travail en usine ou au chantier soit présent sur une scène de théâtre, il est encore plus rare qu’il le soit hors de tout cliché... Ces deux spectacles, ces deux vies s’interpellent, se font écho et sont le résultat d’une errance théâtrale à travers une actualité (médiatique) française teintée d’une misère diffuse...

Entre réalité et rêverie, nous entrons dans des instants de vies cruels de banalité, ceux de deux héros du quotidien évoluant dans un monde qu’ils ne comprennent pas vraiment, dans un monde où s’entrechoquent la puissance du rêve et cette espèce de réalité brutale du monde du travail. Ce ne sont pas nos vies, il s’agit peut-être même de celles que nous ne souhaiterions pas avoir et pourtant ça nous parle, au plus profond... Peut-être parce que les comédiens sont excellents et qu’ils arrivent, sans apparat et avec leur seule présence corporelle, à nous faire traverser des situations mentales différentes et troublantes. Attendez-vous à être bousculé, voire même un peu sonné...

 

 

 

Sandrine et Chacal sont venus dans un même souffle et se font écho. Leurs personnages, Sandrine enferrée dans sa vie comme dans un bloc de granit, et Chacal sans racine et sans nom, s’interpellent. Il est rare que le monde du travail en usine ou au chantier soit présent sur une scène de théâtre, il est encore plus rare qu’il le soit hors de tout cliché ou contexte attendu. Ces deux spectacles, loin de tartiner deux tranches de vie, apparaissent comme une saisie d’apparitions et l’accompagnement vibratoire qui s’ensuit. Deux bouleversantes traversées d’identités extraordinaires à force d’être banales, quelque chose comme un trésor d’humanité.Jean-Pierre Thibaudat, Rue89

Les deux titres annoncent la couleur : des personnages définis avant tout par leur statut social. Sandrine est trieuse de verre en usine. Elle a une vie stable et répétitive. Elle est très seule, appelle de loin en loin une mère absente, quand atterrit dans le coin un jeune père divorcé qui vend des cuisines. Ce pourrait être le début d’une histoire entre ces deux êtres solitaires. Mais Sandrine a lâché prise avec le réel depuis trop longtemps, elle ne sait plus se décentrer pour aller vers cet autre plein d’enthousiasme. Elle sent physiquement dans son corps les désastres écologiques de notre époque : l’eau des banquises qui fond et qui arrive progressivement jusqu’à elle, et qui monte… Image poétique et effrayante… Chacal est un de ces ouvriers qui travaillent sur les chantiers d’autoroutes, dorment dans des hôtels minables, coupés du monde. Au contraire de Sandrine, pour Chacal rien n’est fixe, tout bouge dans cette vie à laquelle il ne comprend rien. Il n’a même plus de nom, on l’appelle « Chacal »… Au début, relié à sa femme par le cordon du téléphone, il va peu à peu perdre ce repère … Trina Mounier – Les 3 coups

Lire la critique des 3 coups

Représentations:
  • théâtre sortieOuest - mercredi 08 février 2012 à 19:00 - 16€/12.5€/10€/6€ Acheter en ligne