Platonov
| Saison : | Saison 2011-2012 |
| Catégorie : | Théâtre |
D’Anton Tchekhov
Mise en scène Nicolas Oton
Avec Ludivine Bluche, Frédéric Borie, Lise Boucon, Brice Carayol, Dominique Ferrier, Christelle Glize, Laurent Dupuy, Franck Ferrara, Vincent Leenhardt, Céline Massol, Patrick Mollo, Patrick Oton, Alex Selmane, Thomas Trigeaud, Mathieu Zabé
Production Machine Théâtre ‐ Cie Conventionnée D.R.A.C LR
Coproduction : Le Cratère / Scène Nationale d'Alès, Théâtre des Treize Vents / CDN Montpellier LR, Le Théâtre / Scène Nationale de Narbonne, La Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, Théâtre de l'Archipel ‐ Perpignan dans le cadre de la Scène Catalane Transfrontalière (ECT‐SCT).
Avec le soutien de la D.R.A.C LR, du Conseil Régional LR, de la Mairie de Montpellier.
Avec l’aide à la résidence du Département de l’Hérault.
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.
Avec le soutien de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier LR.
Avec le soutien de l’ADAMI.
Ce spectacle bénéficie du soutien de la charte de diffusion interrégionale signée par l’ONDA, l’Arcadi, l’Oara, l’Odia et Réseau en scène LR
Spectacle co-accueilli avec La Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau
Bus au départ de Sète.
Platonov, la Création... par jpazrael
Derrière un Platonov hâbleur, brillant et séducteurpour mieux supporter la désillusion et l’ennuid’une jeunesse usée, se joue la recherche d’une lucidité totale faite d’espoir et de désespoir, d’amour et de trahison. Pleinement engagée, physique, forcément triste et joyeuse, la mise en scène de Nicolas Oton fait corps avec un chœur d’acteurs, emmené par Frédéric Borie qui campe Platonov avec talent.
La jeunesse nourrit la vie, assurément ! C’est parce que cette pièce est comme la vie, un brouillon de vie où il n’y a pas de sujet, où tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, qu’à chaqueinstant j’aimerais que l’on passe du rire aux larmes.
Nicolas Oton
Le personnage de Platonov
Platonov fascine parce qu’il est déchu de son image première. Il mesure avec lucidité l’écart entre l’attente qu’il suscitait et l’état où il se trouve. Il n’en reste pas moins un révolté. Il dérange et excède ses proches qui s’accommodent d’eux‐mêmes. Par le désaveu de soi, Platonov s’échappe de la médiocrité ambiante et
sauvegarde sa posture de résistant. « Je suis une cloche et vous êtes une cloche, la différence est que je me sonne moi‐même, alors que vous ce sont les autres. »
Platonov désespère des autres autant que de lui‐même. En ce sens il se rattache à la catégorie des mélancoliques, il est seul parmi les autres…
L’assimilation de Platonov à Hamlet est sous‐jacente et l’on sait que Tchekhov était un admirateur de la « pièce des pièces ». Il ne fait pas de doute que Tchekhov ai fait sienne la lecture inspirée par Goethe qui considérait que, chez Hamlet, l’excès de pensée entraine les défaillances du faire, si bien que parfois l’on joua la pièce sous le titre « un Hamlet de Province ». Il y a du Shakespeare, mais corrigé par la dérision tchékhovienne.
Anton Tchekhov
Petit‐fils de serf et fils d’un boutiquier en faillite, Anton Tchekhov (1860‐1904)
commence à écrire pour gagner de quoi finir ses études de médecine, et continue à
le faire parce que ses « balivernes » lui rapportent plus que ses malades. Persuadé
qu’il n’a rien à dire, il se tourne vers le théâtre, et laisse à ses personnages la
charge d’assumer des propos qui ne sont pas les siens.
Tchekhov, qui puise sa dérision de son compagnonnage incessant avec la mort, est
malade très tôt mais ne se plaint jamais. « Sortir le sang d'esclave qui est en lui »
est l'exercice de toute une vie, à s'éduquer soi même. Un exercice de raison et de volonté impitoyable. Il meurt après une coupe de champagne en disant « Je meurs ». Implacablement. Le contraire de l'apitoiement sur soi‐même et de la suffisance.
Tchekhov est le maître de la nouvelle brève. Pour lui la brièveté est soeur du talent. Il érige en idéal de perfection : la sobriété, la simplicité, l'économie des moyens, la concision. Il charge de signification les plus modestes composantes du récit. Mais Tchekhov n'atteint pas la perfection sans travail. C'est un créateur minutieux et laborieux, obsédé par une certaine qualification technique de l'écriture. Ses pièces sont des drames du quotidien, où l'affabulation est inexistante, les pauses nombreuses, où "la vie est laissée telle qu'elle est et les gens tels qu'ils sont, vrais et non boursouflés". Ce sont des drames statiques, des coupes pratiquées dans l'épaisseur de la vie et qui mettent à nu les strates les plus profondes de l'âme humaine. Tout au long de son oeuvre Tchekhov se montre le témoin d'une certaine époque de la vie russe, il en restitue les types, les décors et les humeurs. A travers récits et pièces, Tchekhov peint la grande misère de la condition humaine avec
pour seul but la vérité absolue et sincère. Il dit : « l'artiste doit être un témoin impartial », « le littérateur doit être aussi objectif que le chimiste ». Tchekhov montre mais ne dénonce jamais. Rien ni personne ne fait figure de porte‐parole dans son oeuvre. A son propos Gorki écrit : « C'est le premier homme libre que j'ai rencontré, le premier qui n'adore rien. » Loin de tout dogme, de toute chapelle, toute sa vie Tchekhov préférera la philanthropie individualisée au large mouvement d'indignation et d'action collective. Dans sa propriété de Mélikhovo, lors de l'épidémie de choléra, il installera un dispensaire volant et se dévouera sans compter.
Persuadé que "la vie est uniquement faite d'horreurs, de soucis et de médiocrités qui se suivent et se chevauchent", il gardera cependant une foi absolue dans le progrès. En lui se mêleront toujours la tendance positive et la tendance idéaliste sans doute parce qu'il était à la fois médecin et écrivain. Il disait : "La médecine
est ma femme légitime, la littérature ma maîtresse." Ne cessant de souligner au travers de son oeuvre l'esprit petit‐bourgeois, la trivialité, la corruption, l'ignorance crasse, la peur du supérieur, la déchéance dans les destins avortés, il gardera constamment foi en l'homme. Il croira toujours possible la "révolution de l'esprit", révolution individuelle, personnelle qui seule permet, grâce à la connaissance, au savoir, l'amélioration de la nature humaine, donc de la société.
Machine Théâtre
En 2001 en formation au conservatoire de Montpellier, nous décidons de reprendre un travail dirigé par Christophe Rauck autour du « Théâtre ambulant Chopalovitch » de Lioubomir Simovitch afin d’organiser notre première tournée. Réunis pour cela en association loi 1901, Machine Théâtre voit le jour. Nous sommes électrisés par la force du partage, l’authenticité de la rencontre et l’idée de troupe. Se forge alors l’esprit de la compagnie et cette envie commune d’inviter les poètes au coeur de la cité.
Tchekhov, Gorki, Bond, Pasolini, Schwartz, Salles, Büchner, Bernhard et Shakespeare nous ont ainsi traversés et accompagnés au cours de chacune de nos créations.
Machine Théâtre est une équipe d’acteurs, « un choeur de solistes » qui souhaite promouvoir les oeuvres d’hier et de demain, en cherchant au plus près comment et pourquoi les servir aujourd’hui. N’ayant de cesse de vouloir convoquer l’humain et l’émotion sur scène.
Nous décidons pour cela de mettre le « jeu » au centre de nos préoccupations. La direction d’acteurs étant l’élan vital de nos mises en scène. Attachés à la relation au verbe, il nous faut traquer, creuser, saisir la pensée de l’auteur afin de la faire résonner au plus concret et au plus juste. Appliquée à l’artisanat et à l’exigence de la répétition, Machine Théâtre aiguise son obsession des rapports humains et de l’histoire des êtres. Nous sommes animés par la question de la dramaturgie et de l’importance à raconter des histoires.
Nous sommes habités et questionnés par l’impact et l’utilité de nos actes envers un public que nous espérons de plus en plus divers.
Enfin, pour la vitalité et l’émulation de chacun de nos projets nous invitons de nouveaux artistes scénographes, comédiens, éclairagistes, musiciens et dramaturges. Le théâtre reste et doit rester pour nous un lieu unique, modeste et sacré. Le lieu d’utopies, de combats politiques et de divertissements poétiques.
Le collectif Machine Théâtre est né en 2001, autour de neuf élèves de l’école. Qui revendiquent «une croyance, par ces temps plutôt individualistes, en l’esprit de troupe en tant que force créatrice». «L’esprit» en question se manifeste par le refus du vedettariat – pas de metteur en scène attitré mais un «porteur de projet», qui change au gré des spectacles –, et par une façon de partager le plateau.
René Solis ‐ Libération, janvier 2008
Ce Platonov mordant se boit comme du petit lait, tendre,acide et joyeux.
Anne Leray, L’Hérault du jour
- Théâtre sortieOuest - mardi 08 novembre 2011 à 19:00 - 16€/12.5€/6€ Acheter en ligne
- Théâtre sortieOuest - mercredi 09 novembre 2011 à 20:00 - 16€/12.5/6€ Acheter en ligne