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Le Petit Prince

timon d'athenes

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Marie clauzade

 
Saison : saison 2008-2009
Catégorie : Théâtre
Metteur en scène : frédéric Borie / Marion guerrero
Auteur : William shakespeare
Durée : 0

avec
frédéric Borie
Julien Guill
scénographie
Daniel fayet
création lumière
maurice fouilhé, assisté de Mathieu zabé
création son
antonin clair

production : compagnie alcibiade
coproductions : le printemps des comédiens, la grande ourse &nDash; scène conventionnée villeneuve-les-maguelone
aide à la création de la drac Languedoc-Roussillon
avec l’aide de l’ecole supérieure d’art dramatique de montpellier / conservatoire national de région Languedoc-Roussillon, théâtre des treize vents / cdn de montpellier, zinc théâtre

timon, illustre citoyen d’athènes fait preuve d’une générosité sans borne avec ses amis, les aimant Dans le don total de ses biens et de sa personne.
il dépense avec prodigAlité sans se soucier des avertissements de son intenDant flavius et des railleries caustiques du philosophe apémantus qui tente de lui ouvrir les yeux sur le genre humain…
ruiné par ses excès, il ne trouvera pas auprès de ses faux amis l’aide qu’il était en droit d’attendre.
et sa réaction sera d’une violence extrême.

l’athènes de shakespeare ne répond pas à la cité idéale de platon. c’est une ville corrompue où l’or et non l’amour aristotélicien détermine les mouvements entre les hommes. le « fric-roi » y régit tout.
Dans cette cité de « renards et de lions », deux hommes d’exception, timon et alcibiade, vont subir une injustice, deVant laquelle ils réagiront différemment.
timon ne surmontera pas son amertume et sa colère et choisira consciemment son propre anéantissement, dEvenant ainsi à nos yeux un archétype de la misanthropie après avoir été celui de la prodigAlité aveugle.
Dans les deux cas, il est toujours Dans l’excès : de son don abusivement généreux jusqu’à sa paranoïa nihiliste, timon fausse ses rapports avec autrui et en arrive à souhaiter sa propre mort, l’anéantissement même du verbe, lien essentiel entre les hommes, vouant le monde à la mort du langage, des lieux communs, des idées toutes faites, la langue de l’or et du profit, celle qui a tué la poésie.
le parcours d’alcibiade sera différent, mais tout aussi exemplaire, serVant de contrepoint à timon : il nous enseigne que vivre avec autrui, c’est vivre Dans le compromis et la négociation.
pamphlet sur l’alchimie diabolique de l’or, questionnement sur la difficulté d’être avec autrui, timon d’athènes est « une pièce sur l’amour et sa rareté, Dans un monde où tout se mesure. »
frédéric Borie.

lorsque frédéric Borie m’a demandé de mettre en scène avec lui « timon d’athènes », j’ai tout de suite accepté, parce que je savais que travailler avec frédéric et Julien Guill comme comédiens ne pouvait être qu’une expérience intéressante.
d’autre part, j’aime me lancer des défis sans trop réfléchir aux conséquences. et c’est heureux, car si j’avais réfléchi ne serait-ce qu’une seconde à ce défi là, je me serai sans doute enfouie Dans un trou sans plus donner de nouvelles !
monter timon d’athènes (que je n’avais pas lu !) en une heure avec seulement deux comédiens. en réAlité, si de prime abord, l’entreprise paraît risquée, il m’a vite semblé que cette pièce (contrairement à d’autres de shakespeare) souffrait facilement une adaptation condensée. c’est une fable très dessinée et explicite , qui comporte des parties assez distinctes.
frédéric m’a présenté le projet avec l’adaptation qu’il avait faite, une idée scénographique et quelques envies.
j’ai alors essayé de tirer un « fil » qui nous permettrait de raconter cette histoire avec seulement deux acteurs : timon et flavius, retirés sur une plage à l’écart du monde, rejouent la tragédie de timon, tels deux acteurs fou ne connaissant qu’une seule pièce.
ils ne possèdent pour ce faire qu’une grande table, un arbre sinueux, quelques accessoires et quelques bouts de costumes.
ce dépouillement, d’acteurs et de décors, implique de fait une grande invention au plateau.
cette table devient donc l’élément essentiel du théâtre de timon :
elle est la table du banquet, elle est la muraille d’athènes, elle est une pAlissade comme une Coque de bateau échoué, un castelet transformant timon et ses « visiteurs » en Marionnettes infernales, elle est le lit de mort de timon et pour finir elle est sa Pierre tombale.
en ce qui concerne la direction d’acteurs, je me suis appliquée à dénouer ou à décrypter la langue, afin qu’aucun sens ne nous échappe, et du même coup n’échappe aux spectateurs.
d’autre part, timon excessif Dans sa philanthropie comme Dans sa misanthropie, nous a inspiré un jeu excessif, frôlant le burlesque et l’expressionnisme.
finalement, nous avons découvert que cette histoire était celle de la folie idéAliste d’un homme, en quête absolue d’amour et de pureté.
c’est sans doute l’histoire de notre combat perpétuel à trouver notre place au milieu du monde.
en face de dieu.
en face du néant.
en face des autres hommes.
Marion guerrero

 

spectacle co-accueilli avec la ville de bédarieux

Représentations:
  • Salle Léo Ferré à Bédarieux - samedi 17 novembre 2007 à 21:00 - 7.5/11 Acheter en ligne